L'art de bien rompre

On attache beaucoup d’importance au début d’une vie, d’une relation, d’un travail, mais on a tendance à négliger sa fin. C’est pourtant un moment essentiel, primordial qui, s’il est mal vécu, peut avoir des conséquences importantes et à long terme.

 

 

Pourquoi bien rompre ?

 

La majorité des traumatismes (cf. réagir face à un traumatisme) sont liés à un deuil, une rupture amoureuse ou professionnelle. Les conséquences peuvent être à la fois sociales, personnelles (ex : incapacité à retrouver un travail ou un conjoint) et toucher à la santé physique et mentale (ex : alcoolisme). Les moments de ruptures ont tendance à être négligés, mal aimés, redoutés. Notre société a tellement peur de la mort, qu’on voudrait passer rapidement à autre chose. Pourtant, plus ces moments sont mal vécus, niés, plus ils ont tendance à nous suivre, parfois toute notre vie durant.

 

Bien rompre : un art complexe et paradoxal

 

Dans toute rupture, il y a une double dynamique, qu’il n’est pas facile d’arriver à équilibrer, qui permet à la situation de s’inscrire dans le passé, d’y trouver sa juste place et que nous soyons en paix avec elle.

 

Illustration Judith Vasdev
Illustration Judith Vasdev

1 La voie du Chevalier : savoir trancher avec bienveillance et respect

 

Le premier mouvement est guidé par notre Chevalier intérieur. Gardien de nos valeurs, de notre intégrité, de nos besoins il est celui qui tranche, qui dit : « stop cette situation ne me correspond plus, c’est terminé ». Quand notre Chevalier va bien, il va trancher dans le respect et la bienveillance, il va acter que c’est terminé, que cela n’a plus lieu d’être dans le présent.

 

Mais, parfois, cela fait bien longtemps que notre Chevalier et ses valeurs sont piétinés, si bien que lorsqu’il se réveille enfin il est tellement blessé qu’il est accompagné d’un élan de rage, de destruction, qu’il nie tout ce qui a pu exister : il se met en mode extermination. Malheureusement, le Chevalier lance un boomerang qui revient d’autant plus violemment qu’il est lancé fort. Cela se présente soit sous la forme de la même personne qui s’acharne contre nous, soit sous la forme d’une relation identique, souvent plus violente, tant que les enseignements liés à cette expérience ne sont pas intégrés et qu’une juste place n’a pas été donnée à celle-ci.

 

Il n’existe, en effet, aucune mauvaise relation. Chacune correspond à ce dont nous avions besoin à un moment donné dans notre vie que se soit sur le plan physique (ex : besoins matériels, sexuels), émotionnel (ex : besoins de réconfort), mental (ex : besoins d’établir un statut social), spirituel (ex : besoins de reconnexions à des énergies, des blessures anciennes pour les libérer) ou que se soit pour des raisons personnelles, familiales, karmiques ou collectives (ex : reproduction d’un schéma pour l’expérimenter, le vivre, le libérer).

 

Illustration Ivan Bilibine, extrait conte Baba Yaga
Illustration Ivan Bilibine, extrait conte Baba Yaga

 

 

 

2 La voie de la Dame : savoir donner sa juste place à toute chose.

 

Le deuxième mouvement est guidé par notre Dame intérieure, si précieuse pour notre Chevalier intérieur. Elle connait nos besoins les plus intimes, mais ressent également ceux des autres. Sa compassion l’amène à avoir une vision plus large de la réalité, à ne pas rester centrer sur la sienne, à s’ouvrir à celle des autres, donner une juste place à qui a pu être vécu par chacun, elle comprise, dans un espace temps donné. C’est elle qui va redonner sa juste place à la relation dans le passé, en reconnaissant ce qu’elle a pu nous apporter, nous enseigner.

 

Cette vision large lui rend parfois difficiles les prises de décisions, le fait d’accepter que certaines situations appartiennent maintenant au passé, ce qui a tendance à compromettre l’émergence de nouveaux possibles. Si votre cœur est toujours tourné à 70% vers une relation passée il reste seulement 30% de disponible pour une nouvelle relation.

 

Chaque relation est comme un livre, dont la lecture, une fois entamée devait être poursuivi linéairement et afin que nous puissions pleinement passer au livre suivant. Ces livres sont plus ou moins longs, plaisants, lus rapidement, certains appartiennent à la même série. Certains sont rangés dans notre bibliothèque, d’autres sont sur notre table de chevet, avec un marque-page, et n’ont pas été touchés depuis bien longtemps, tandis que nous en regardons de nouveaux avec envie sans oser les ouvrir.

connecter, par exemple, à des défunts en détresse, voire à penser qu’elle est connectée à des énergies bienveillantes sans que cela soit le cas.

 

Il est donc important de saisir le langage de nos perceptions, de se questionner sur le message qu’elles transmettent (cf. émotions mode d’emploi).

 

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la partie ressources de mon site.

 

3-L’art de bien rompre ou la voie de l’équilibre

 

Il est donc important d’arriver à équilibrer ces deux énergies pour que le processus de rupture soit parfaitement intégré, accepté et que nous puissions, sereinement, passer à l’écriture d’une nouvelle page de notre histoire. C’est un cheminement qui est parfois long, mais profondément noble, enrichissant. Il passe par un processus de prise de responsabilités vis-à-vis de soi-même, de l’autre, de la relation.

 

Pour aller plus loin dans la pratique vous pouvez consulter l’exercice commenté des bonhommes allumettes sur mon site.

 

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Vous pouvez retrouver chaque mois mes articles sur le blog de Spirivie. Ils sont également disponibles et archivés sur mon site un mois plus tard.

Je souhaitais écrire depuis longtemps des articles de vulgarisations ludiques, utiles et accessibles à tous, je suis donc très heureuse de vous partager ces publications. J'espère qu'elles vous seront utiles à vous et vos proches :)